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  • nathyamb

Franc cfa: Destins croisés


C’est un véritable problème, le franc cfa. Un véritable problème pour le Bénin et tous les pays francophones, car il est structuré de telle sorte que nous sommes assujettis à une domination de la France. Et les accords de coopération monétaires viennent raffermir cette domination.


Ces mots, prononcés le 22 décembre 2020 par le directeur des services législatifs de l’Assemblée nationale du Bénin, Me Yves Ogan, lui ont valu d’être limogé le 4 janvier 2021.


Et comme le hasard fait bien les choses, je tombe un peu plus tard dans la même journée, sur une publication de Kako Nubukpo qui annonce fièrement qu’il rejoint l’Uemoa (vous savez ce que je pense de cette organisation) comme conseiller économique du président de la commission.


Quand on sait avec quel empressement et quelle violence les adversaires de cette prison monétaire qu’est le franc cfa sont exécutés (pensées à Sylvanus Olympio et Thomas Sankara, assassinés; Mamadou Koulibaly dégagé du gouvernement; Kemi Seba emprisonné et expulsé; Arikana Chihombi-Quao limogée; et moi-même, détenue et expulsée), on peut s’interroger sur ce recrutement.


L’ex-ministre de la prospective togolais, qui avait été lui-même limogé de la Francophonie pour avoir remis en cause le franc cfa, puis qui s’était réjoui fort inopportunément de la petite comédie sur l’éco de Macron avant de se ressaisir un peu plus tard, est-il perdu pour la cause ou bien rejoint-il l’ennemi pour lui rappeler certains principes? Le temps nous le dira.


En attendant, ce qui est arrivé à Me Yves Ogan devrait permettre de rester concentrés sur le vrai combat: mettre fin au franc des colonies françaises d’Afrique, dégager les bases militaires françaises de notre continent et se libérer de la tutelle française sur l’Afrique dite francophone à l’international, et notamment à l’Onu.


Cela devrait permettre également de souligner aux yeux de tous l’absolue nécessité d’envoyer siéger dans nos parlements et palais présidentiels des députés et chefs d’Etat qui auront le patriotisme nécessaire pour remettre en question les “accords” de coopération fascistes qui emprisonnent les peuples africains et les condamnent à la pauvreté, à l’indignité et à la dépendance, plutôt que des pantins peureux qui préfèrent se laisser instrumentaliser par le colon pour devenir les décapiteurs de ceux et celles qui ont le courage de dire les choses comme elles sont.


Je le rappelle encore une fois pour tous les durs d’oreilles: ce que nous voulons, ce n’est pas une réforme, et encore moins une réformette du franc cfa: c’est une rupture pure et simple. Et nous ne nous satisferons de rien de moins.


Nathalie Yamb

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